Feux rassemble des nouvelles, de proses lyriques et poétiques autour d'une thématique atemporelle : l'amour et ses déclinaisons. On y retrouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho, pour revisiter la plume unique de Yourcenar et la beauté du sentiment. "Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront." Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho."Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront." Née le 8 juin 1903 à Bruxelles d'un père français et d'une mère belge qui meurt quelques jours plus tard, Marguerite de Crayencour passe son enfance entre le château familial du Mont-Noir, la Belgique, Lille, Paris, le midi de la France, au gré des déplacements de son père. Elle ne va jamais à l'école, mais reçoit l'enseignement de professeurs particuliers. Au début de la Grande Guerre, bloqués en Belgique, Marguerite et son père embarquent pour l'Angleterre où ils restent un an. L'adolescente manifeste une passion pour l'étude des langues - anglais, latin, grec, italien - que son père encourage. Tout comme il va encourager son désir de devenir écrivain, fabriquant avec elle son nom de plume, Yourcenar - anagramme presque parfaite de Crayencour -, et finançant la publication de ses premiers poèmes, Le Jardin des Chimères, en 1921. Elle ne passe que la première partie de son baccalauréat latin-grec, puis, à partir de 1922, voyage beaucoup en Europe, seule ou avec son père. En 1929, celui-ci meurt, et elle publie son premier roman, Alexis ou le Traité du Vain Combat, remarqué par la critique. Dans les années 1930, outre ses constants voyages, elle séjourne longtemps en Grèce, où elle découvre l'oeuvre du poète Constantin Cavafis, qu'elle traduira. Elle publie plusieurs livres, toujours salués par la critique. Notamment Denier du rêve (1934), Feux (1936), Nouvelles orientales (1938), Le Coup de Grâce (1939). En 1937, elle traduit Les Vagues, de Virginia Woolf. Cette même année, elle fait la connaissance, à Paris, d'une Américaine de son âge, Grace Frick, qui deviendra sa compagne et sa traductrice. Elle lui rend visite aux États-Unis en 1938, et, en 1939, quand commence la Seconde Guerre mondiale, elle décide de la rejoindre. Marguerite Yourcenar passe les années de guerre entre New York, Hartford (Connecticut) et l'île des Monts- Déserts, dans le Maine. Elle n'a plus d'argent et doit prendre un poste de professeur. À la fin de la guerre, elle reçoit de Suisse une malle contenant le manuscrit, inachevé, de Mémoires d'Hadrien. Ce roman à la première personne, reconstitution du destin de l'empereur romain Hadrien, est publié chez Plon en 1951, et Marguerite Yourcenar connaît, à quarante-huit ans, son premier succès public. Enfin reconnue, elle revient passer de longs mois en France, mais décide que sa " base " demeurera Petite Plaisance, la maison achetée en 1950 avec Grace Frick sur l'île des Monts-Déserts. Dans les années 1950 et 1960, Grace Frick et Marguerite Yourcenar voyagent beaucoup - cette dernière donne des conférences dans de nombreux pays d'Europe. Aux États-Unis, elles sont très engagées dans les mouvements écologistes et dans la lutte pour les droits civ