La danse de l’amour palpite au fil de sa prodigieuse création poétique: “Immobile voyageuse de Picas”. Travail de fourmi, l’oeuvre canalise toute une variété d’images exaltantes, alimentée par la fertilité féminine à base d’eau nourricière. Cette sensualité viscérale, intrinsèque fait d’Anthony Phelps, doté d’une beauté cinématographique, un barde de l’Amour, de l’amour et des amours. La force des images fastueuses le hante, l’exorcise et lui permet de créer une oeuvre-bilan, tantôt effusive, tantôt réflexive où les échos politiques au rythme trépidant côtoient le rêve, les souvenirs personnels, l’angoisse, la sensualité qui s’unissent au parcours énonciatif. Il en a été de même avec «Orchidée nègre» et «Les doubles quatrains mauves», «Femme Amérique», «Autre temps» et «Une phrase lente de violoncelle», recueils récents très peu lus : la dimension biographique devient un prétexte, un point de départ pour transcender le temps, les âges, les vanités, les illusions. Refusant toute facilité, il est aussi incontournable que René Depestre, Jean-Richard Laforest, Emile Ollivier, Toto Bissainthe ou Serge Legagneur. Le rythme et l’émotion organique en plus. Anthony Phelps toujours séduisant! Tel qu’en luimême ! Tel quel ! C’est un crooner de la poésie, un séducteur né. Un critique de l’état lamentable du pays, un habitant privilégié de la ville, un enfant heureux et rêveur. J’insiste ! Un des meilleurs auteurs et leaders de la poésie haïtienne vivante.