Sibérie, début des années soixante-dix. Le narrateur, qui vit dans un orphelinat, devient le garde du corps de Vardan, un garçon fragile et sensible persécuté par les autres. En suivant les deux adolescents, nous découvrons un quartier déshérité, le Bout du diable, où réside une communauté d'Arméniens venus soutenir leurs proches emprisonnés à cinq mille kilomètres de leur patrie. Nul n'oubliera les figures marquantes de ce « royaume d'Arménie » ouvert aux déracinés qui n'ont pour biographie que la géographie de leurs errances – ces « copeaux humains sacrifiés sous la hache des faiseurs de l'Histoire ». Dans la lumière d'une double nostalgie – celle des Arméniens pour leur pays natal et celle de l'auteur pour son ami disparu –, ce récit d’une amitié de jeunesse révèle un épisode crucial de la vie d’Andreï Makine. Sans doute son roman le plus émouvant, porté par une écriture d’un classicisme altier écartant les afféteries pour aller à l’essentiel. Le Figaro littéraire. Prix des Romancières 2021. Andreï Makine, membre de l’Académie française, est l’auteur d’une œuvre maintes fois couronnée : Prix Goncourt, Prix Goncourt des lycéens et Prix Médicis pour Le Testament français en 1995, Grand Prix RTL-Lire pour La musique d’une vie en 2001, Prix Casanova pour Une femme aimée en 2013, Prix Prince Pierre de Monaco en 2005 et Prix Cabourg du Roman 2019 pour Au-delà des frontières . Il a également écrit plusieurs ouvrages sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde. Ses romans sont traduits dans plus d'une quarantaine de langues.