En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement. Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchaînement des affirmations identitaires qui rend difficiles toute coexistence harmonieuse et tout véritable débat. Dérèglement économique et financier, qui entraîne la planète entière dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles, et qui est lui-même le symptôme d’une perturbation de notre système de valeurs. Dérèglement climatique, qui résulte d’une longue pratique de l’irresponsabilité... L’humanité aurait-elle atteint son « seuil d’incompétence morale » ? Dans cet essai ample, l’auteur cherche à comprendre comment on en est arrivé là et comment on pourrait s’en sortir. Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à une « guerre des civilisations » qu’à l’épuisement simultané de toutes nos civilisations, et notamment des deux ensembles culturels dont il se réclame lui-même, à savoir l’Occident et le Monde arabe. Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs ; le second, enfermé dans une impasse historique. Un diagnostic inquiétant, mais qui débouche sur une note d’espoir : la période tumultueuse où nous entrons pourrait nous amener à élaborer une vision enfin adulte de nos appartenances, de nos croyances, de nos différences, et du destin de la planète qui nous est commune. Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l’Académie française, est l’auteur d’une dizaine de romans, d’une demi-douzaine d’essais et de cinq livrets musicaux. Son œuvre lui a valu une quinzaine de prix, dont le prix Goncourt en 1993 pour Le Rocher de Tanios , le prix européen de l’essai Charles Veillon en 1999 pour Les Identités meurtières , le prix Méditerranée en 2004 pour Origines , le Prix Prince des Asturies en 2010, le Prix des Ambassadeurs en 2021 pour Le naufrage des civilisations et le Prix Vauban en 2023 pour Le labyrinthe des égarés .