Vincent Lehmann, citoyen du canton suisse de Vaud, a animé de 2007 à 2016 le blog « Les Enfants de la Zone grise », sous le pseudonyme « Stag ». Sa disparition a conduit son ami épistolaire Roman Bernard, avec l'accord de la veuve de l'auteur, à réunir les articles qu'il estimait être les meilleurs (pour l'essentiel publiés en 2007 et 2008), à les organiser en chapitres, puis à présenter ces derniers. Les premiers chapitres ont pour objet de définir la notion de « Zone grise » que « Stag » avait empruntée au cinéaste russe Tarkovski. Puis l'ouvrage détaille la pensée de l'auteur sur ses sujets de prédilection : l'impasse de la mouvance identitaire et de ses militants ; l'erreur sécuritaire des mouvements nationalistes ; le vide existentiel et spirituel qui frappe l'Occident tardif ; la ruine qui menace cet Occident, à moins qu'elle se soit déjà produite (Vincent Lehmann n'était pas avare de contradictions) ; l'étrangeté au monde, à ce monde, que nous constatons chez nous-mêmes ; la désirable mais apparemment impossible jonction entre gauche et droite radicales ; l'utilité — ou la vanité — de l'écriture, une préoccupation constante de l'auteur et qu'il a transmise à Roman Bernard à mesure qu'il avançait à tâtons et parfois à reculons dans la réalisation du présent recueil. L'ouvrage se termine par une postface de l'écrivain et journaliste Marion Messina.