- Rainer, on nous a passé la carte des opérations, regarde ! Notre barricade se trouve au croisement de la rue du Faubourg du Temple et de l'avenue Parmentier. Quand on nous en donnera l'ordre, on traversera le canal Saint-Martin pour faire la jonction avec la place de la République. - Si la caserne du Prince-Eugène n'était pas la plus grosse place forte des nazis à Paris, et si les rues n'étaient pas barrées de mitrailleuses, ça pourrait même ressembler à une promenade de santé, Max.... Fin août 1944, à peine sortie des geôles nazies, Madeleine reprend le combat dans une capitale en pleine insurrection. Active dans la Résistance depuis 1942, Rainer se revendique comme une « ancien con » - surnom caustique qu'elle donne aux « anciens combattants ». Après la libération du 19ième arrondissement, l'état-major du colonel Rol lui confie une mission très particulière, qu'elle n'avait jamais révélée... jusqu'à aujourd'hui. . Engagée avant sa majorité, torturée et condamnée à mort par la Gestapo, Madeleine Riffaud livre ainsi pour la première fois l'intégralité du récit de son rôle pendant la libération de Paris. Jean-David Morvan a recueilli ses paroles, préservant intacte la force d'une mémoire qui, jusqu'à ses dernières heures, n'a rien oublié. Dominique Bertail les met en images avec une précision et une sensibilité rares. L'Ange exterminateur, quatrième tome d'une saga exceptionnelle, referme le livre des années passées dans l'armée des ombres. Sur la place de la République, après l'une des plus grandes batailles de la libération de Paris, c'est dans les larmes que se scelle la fin de cet engagement total. Au-delà de la bande dessinée, un manifeste ardent au service de la liberté. Madeleine Riffaud est encore mineure quand elle arrive à Paris et rejoint un réseau de résistants étudiants. En 1944, elle rejoint la lutte armée et obéit aux ordres : on prépare des débarquements, il est nécessaire d'intensifier les actions contre l'occupant. Capturée, torturée, plusieurs fois condamnée à mort, elle sera de retour à temps pour se battre aux côtés de ses hommes et libérer la capitale. Après la Libération, elle rencontre Vercors, Pablo Picasso, qui dessinera son portrait, et surtout, Paul Éluard avec qui elle nouera une formidable amitié. Impressionné par son talent littéraire, il l'encourage à écrire. Elle publie des recueils de poèmes et enchaîne les collaborations avec plusieurs journaux. Poétesse, elle l'était déjà et le sera toujours. La voilà en passe de devenir journaliste. Sa rencontre avec Hô Chi Minh et un premier départ pour Hanoï détermineront son avenir de reporter de guerre. Dénoncer le colonialisme, chercher l'esprit de résistance dans les maquis du monde entier, raconter leur lutte pour la liberté : elle couvrira notamment la guerre d'Algérie (où elle sera victime d'un attentat organisé par l'OAS) et la guerre du Vietnam dans les maquis Vietcong, sous les bombes américaines. De retour à Paris dans les années 70, elle choisit de travailler incognito comme fille de salle dans un hôpital. Elle partage alors le quotidien des infirmières, des aides-soignantes, des agents d'entretien. Dans son best-seller, "Les Linges de la Nuit", elle raconte les dangers qui guettent l'hôpital public et leurs conditions de travail révoltantes. Puisque leur voix est trop petite pour être entendue, elle leur prête la sienne et sa plume. Né à Reims en novembre 1969, Jean-David Morvan va très vite consacrer un véritable culte à la littérature de science-fiction. Dans son souci d'évoquer des univers futuristes et innovants, il s'inscrit à l'école Saint-Luc de Bruxelles en 1989, puis à l'académie des Beaux-Arts dans l'espoir d'acquérir une formation de dessinateur. C'est toutefois dans le scénario qu'il trouvera sa voie en multipliant les collaborations avec de jeunes et parfois éphémères illustrateurs. Son premier album sera "Reflets perdus" ("Diable à quatre") en 1993, illustré par Sylvain Savoia, aux modestes éditions Zenda. En 1994, il publie "Horde" avec J.J. Whamo, toujours chez Zenda, et commence surtout, avec Sylvain Savoia et Philippe Buchet, la série Nomad, dont cinq albums s'échelonneront chez Glénat jusqu'en 2000 ("Mémoire vive", "Gai Jin", "Mémoires mortes", "Tiourma", "Mémoire cachée").. Il va désormais alterner les one-shots et les productions plus ambitieuses. Dans la première catégorie, on peut ranger "Les Préhistos... tôt ou tard" (avec Ketchup chez Art Scénic en 1997), les deux volumes de "Bunker Baby Doll" avec F. Jarzaguet chez Zenda en 1997 et 1998 ("Coka", puis "Le Serment d'Hypocrite"), "La Quête des réponses" (avec Phlippe Buchet chez Delcourt en 1998), "Tutti Frutti" pour Trantkat chez Delcourt en 1999, "A l'eau!" avec G. Matouba aux éditions le Cycliste en 2000, "La Mandiguerre" pour S. Tamiazzo chez Delcourt en 2001, "Lord Clancharlie" avec Delestret, etc. Ses principales séries en font un des scénaristes les plus prolifiques de ce début de troisième millénaire : "Troll" pour O.G. Boiscommun à parti