Cette étude sur Moeller van den Bruck tente de cerner, à partir d'une analyse de langage, le projet moellérien de modernisation du conservatisme allemand de Weimar. Il s'agit d'adapter celui-ci à la société industrielle et à l'ère des foules en recourant à un système technocratique - aux antipodes du «Kulturpessimismus» - et à un nouveau type de pouvoir fondé non plus sur la seule coercition et sur la passivité des masses, mais sur la mobilisation de celles-ci par le «chef conservateur», au moyen de l'exaltation nationaliste-impérialiste. Pouvoir néo-conservateur dirigé contre la révolution, la démocratie et le socialisme historiques, mais qui entretient avec ceux-ci des relations essentielles. D'où une position originale, distincte du conservatisme traditionnel - mais aussi du nazisme -, et que rend aujourd'hui le concept «Révolution conservatrice», entendu ici au sens d'un conservatisme qui, en situation post-révolutionnaire, est amené à combattre la révolution en lui empruntant ses armes. «Aufgrund der sehr breiten Materialgrundlage und ihrer stringenten Auswertung haben die Aussagen von G. in zahlreichen Punkten wohl abschließenden Charakter.» (Reinhard Schiffers, Francia)