J’aime beaucoup m’attarder dans les marchés aux puces. Il y a quelques années alors que je m’étais arrêté devant une pile de livres d’un autre âge, un titre a attiré mon attention. « Le transfert à Nicolet des Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge » par Germain Lesage O.M.I.. Les noms Nicolet et Assomption sont reliés à ma mère. Elle était de Nicolet et avait étudié chez les Sœurs de l’Assomption. La lecture de ce livre me renseignerait sur son vécu écolier, me dis-je. Bah! À cinquante cents je ne risquais pas grand-chose. Quelques jours plus tard, une première inspection du contenu m’apprend le but de l’auteur : décrire la vie détaillée de la communauté de 1858 à 1874, année du transfert de la maison-mère à Nicolet. Une étude gigantesque. La vie presque quotidienne de la communauté. Des références dans plusieurs archives religieuses, des détails intéressants. De temps à autre, j’ouvre le volume au hasard et en lis quelques lignes. L’intérêt grandit, j’abandonne cette pratique et commence lecture à la première page. Me voilà plongé dans la vie de la communauté. J’apprends les écueils, les risques, les renoncements, les malheurs, les succès, la vaillance, la fraternité, l’espoir de ces femmes qui renoncent à la vie publique. Mon admiration pour elles va en grandissant. Je découvre les abbés Jean Harper et Calixte Marquis, les fondateurs de la communauté. Et voilà qu’à la page 286, je fais la connaissance de celle qui sera l’héroïne de ce roman.Thomas Stevenson de Derby Line au Vermont, vient inscrire sa fille cadette au couvent de St-Grégoire. Il aime beaucoup la langue française. Il veut qu'elle maîtrise le français. Son rêve est de la voir l'enseigner à Derby Line. Elle a 17 ans. Une élève protestante dans un couvent catholique. Que va-t-il se passer? Oui, que va-t-il se passer au couvent de Saint-Grégoire de Nicolet en 1873? Moi, je le sais. Laissez-moi vous le raconter. Voici Catherine Stevenson. [1] Communauté fondée en 1853, sous l’élan des abbés Jean Harper et Calixte Marquis.